Ce qui reste, rue Terre Blanche

« Demain, je m’en irai. Marcher le long de cette montagne. J’essaierai de t’y retrouver, rien qu’une trace, une empreinte, un semblant de souvenirs.
Toujours le même acte, aller de l’avant. Se résoudre à enfouir les instants. Un jour, ils surgissent, un coup d’éclat. Une reconnexion au tangible et au résiduel, que m’a-t-il laissé ? (…)

Chaque pas me ramène à toi. Songer à ces instants que nous avons passés, me fait dire que la montagne, c’est toi. C’est ton monument. Je ne peux te diviser toi et ce sommet.
(…)

Ces sculptures de vierges, en béton, que réalise Delphine Melliès se dégradent, se déforment et se cassent au cours du temps. Fait d’un lien intelligible, cette vierge se passe de main en main, des grands-parents aux petits-enfants. Faisons- nous face à une relique spirituelle ou une relique intime ? Ces objets troublants nous laissent prendre le temps de se recueillir et font ressurgir des formes passées qui s’effacent progressivement de nos mémoires.

Les paroles s’envolent et les écrits restent, enfin de compte, on s’en souviendra plus. »

Texte d’exposition, Demain, Je m’en irai, Pierre Duval, Commissaire d’exposition

    Ce qui reste, Rue Terre Blanche, 23 x 9 x 6 cm, Béton, socle en métal, 2024

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